Guillaume Pepy : « Nous préparons pour nos clients un assistant personnel de mobilité »

Dans une interview aux « Echos », le patron du groupe public annonce une accentuation des investissements dans le numérique et précise son rôle et ses attentes face aux réformes en profondeur que le gouvernement prépare pour le secteur ferroviaire.

Vous réunissez ces lundi et mardi à Rotterdam 600 managers pour le séminaire annuel du groupe. Quel sera votre message ?

Nous allons leur présenter l’avancement du nouveau projet du groupe à l’horizon 2025. Celui-ci s’appuie sur plus de 60.000 expressions de clients et salariés. C’est une des traductions de la méthode du projet groupe, qui est basé sur l’ouverture. Nous réinventons nos métiers: nous sommes présents dans les nouvelles mobilités, comme les VTC ou les navettes autonomes, et notre métier de base se transforme avec les nouvelles technologies. La vision pour les années à venir consiste à faire de SNCF une entreprise de plate-formes et un groupe industriel. C’est ce qui fait notre originalité, et nous rapproche plus d’Amazon que de Google. Notre ambition est de faire de la mobilité un service. Nous produisons une partie de ces services, et nous sommes partenaires pour les autres.

Qu’entendez-vous par « entreprise de plates-formes » ?

Cela fait plusieurs années que nous investissons massivement dans ce domaine.  Voyages-sncf.com, qui est le premier site de e-tourisme en France, va devenir oui.sncf  le 7 décembre. Il est encore plus multi-modal et s’ouvrira à la mobilité régionale et locale, avec de nombreuses offres qui concerneront le tramway de Bordeaux ou encore le métro de Lille. En parallèle, l’application SNCF compte 25 millions de visiteurs uniques chaque mois, ce qui en fait la première application transport du pays. Nous y ajoutons progressivement la grande majorité des réseaux urbains de France, avec des horaires en temps réel. Ce sont déjà des outils puissants. Aujourd’hui, nous accélérons.

Comment ?

Nous avons fait cet été l’acquisition d’une start-up, Loco2, une pépite technologique. Nous voulons répliquer le succès de voyages-sncf.com en créant une plateforme de distribution à l’échelle européenne. Loco2 en sera le vecteur, et s’ouvrira à toutes les mobilités partagées. Par ailleurs, nous construisons avec nos partenaires RATP, Transdev et Blablacar un entrepôt de données commun sur toutes les offres de transport.

Dans quel objectif ?

A partir de cet entrepôt de données, SNCF proposera un assistant personnel de mobilité, disponible 24 heures sur 24, qui prendra en compte vos déplacements, et les combinera avec toutes les offres disponibles sur le marché, quel que soit le mode de transport. Cet outil concevra le meilleur itinéraire en combinant les différents modes, fera la ou les réservations, avec des informations en temps réel sur l’état du trafic, et une billettique intégrée accessible par le smartphone. Ce futur assistant de mobilité traduit une volonté d’ouverture qui est une révolution dans le nouveau projet du groupe. Nous ne voulons pas nous comporter comme une citadelle assiégée, mais au contraire montrer que nous avons suffisamment d’atouts pour nous ouvrir, y compris vis-à-vis des nouvelles mobilités que nous pouvions percevoir comme concurrentes.

Comme le covoiturage ?

Les offres de covoiturage, qu’il s’agisse de l’offre du groupe, Idvroom, ou celles de concurrents comme Blablacar, pourraient effectivement demain être combinées avec le train pour compléter certains trajets, avec un seul billet et une seule réservation. Le covoiturage n’est pas notre ennemi. Nous faisons le même métier, celui de la mobilité partagée, et nous avons le même adversaire, l’usage individuelle de la voiture. Alors connectons les offres, mettons-les ensemble sur des plates-formes, et les clients auront le choix. Ce qui nous rapproche de nos concurrents dans les mobilités partagées est beaucoup plus fort que ce qui nous éloigne. C’est un projet dans lequel tout le monde gagne, qui va fiabiliser le transport collectif, le rendre plus simple, et où nous pouvons être moteur, sans pour autant être hégémoniques.

À quel horizon pensez-vous aboutir ?

Ce n’est pas de la science-fiction! La technologie est là, la volonté d’ouverture aussi. Maintenant, le défi est immense. Dans un an, nous devrions avoir des résultats vraiment intéressants pour nos clients.

D’ici là, vous devrez aussi vous attaquer aux lacunes mises en évidence par la pagaille gare Montparnasse fin juillet…

Nous avons mal géré cet incident. Nous l’assumons, c’est notre responsabilité.  Nous nous sommes remis en cause , et nous sommes engagés dans un programme de rupture, baptisé Robustesse et information, qui refond nos processus industriels de régularité et notre système d’information voyageurs. C’est un programme crucial, aussi important que celui lancé il y a 4 ans sur la sécurité ferroviaire.

Que faut-il en attendre ?

Un saut de qualité de service! Lorsqu’il y a un incident, nos offres de transport alternatives doivent être complètes et claires, ce qui n’a pas été le cas cet été. Cela passe par l’établissement de scénarios de secours dans tous les cas. C’est un gigantesque travail, qui a démarré cet été. Le numérique va faciliter les choses. L’intelligence artificielle aussi, en améliorant la prédictibilité de la durée des incidents. Cela s’inscrit dans la stratégie de SNCF Réseau, où Patrick Jeantet est en train de transformer le réseau actuel en un réseau innovant et connecté.

Qu’attendez-vous des Assises de la mobilité, qui viennent de s’ouvrir ?

Elles sont nécessaires. La ministre des Transports Elisabeth Borne a eu raison de lancer cette initiative, i l  y a une telle révolution dans le secteur. Nous y participerons avec humilité. Le président de la République a montré le cap en expliquant qu’il fallait cesser de penser à partir des infrastructures mais plutôt partir des usages, et raisonner tous modes de transport confondus. Cela conforte le choix que nous avons fait depuis plusieurs années. L’enjeu, c’est d’aller plus loin, plus vite.

L’exécutif a également annoncé une réforme profonde du système ferroviaire…

Soyons clairs sur le rôle de chacun. Le premier ministre a chargé Jean-Cyril Spinetta de préparer les discussions. Nous, SNCF, nous devons améliorer notre performance. Notre ambition est de nous améliorer de 2,4 milliards d’euros en 2020 par rapport à aujourd’hui, en combinant plan de performance industrielle, offensive commerciale et réduction des frais de structure. Sur ce dernier point, l’engagement est de réaliser 20 à 25 % d’économies d’ici à 2020. Dans le même temps, l’État annonce qu’il va réformer le système ferroviaire. Nous en avons besoin. Il est indispensable de le faire avant que la concurrence ne devienne une réalité, en 2020 pour la grande vitesse, et en 2023 au plus tard pour les TER.

Quels doivent être les sujets prioritaires selon vous ?

Ceux liés à la concurrence justement. La SNCF et les cheminots sont en droit de savoir ce qui va se passer. Nous sommes déterminés à rendre un meilleur service aux régions. Nous avons besoin de règles du jeu claires, et de conditions justes et équitables. Aujourd’hui par exemple, nous payons une surcotisation retraite de 14 % sur les salaires. Cela veut dire que dans tout appel d’offres, nous serions systématiquement plus chers. Nous ne demandons pas de privilèges, mais de l’équité, afin de ne pas être pénalisés.

Pour le TGV, certains élus proposent non plus une concurrence ouverte, mais un système de franchises…

Ce n’est pas une bonne idée.  Ce système serait censé protéger les lignes TGV d’aménagement du territoire , mais il a deux inconvénients. Il supprimerait la concurrence et l’émulation qui va avec, puisqu’il n’y aurait plus qu’un seul transporteur sur un territoire donné. Et il consoliderait des lignes TGV déficitaires. Un système de franchises reviendrait à créer des monopoles régionaux. Je ne vois pas l’intérêt pour les clients!

Que se passera-t-il sur les régimes spéciaux de retraite ?

Le gouvernement vient de lancer la concertation. Les décisions lui reviendront. Le principe annoncé est très clair : la future réforme sur les retraites va concerner tout le monde, et donc les salariés de la SNCF. Dans une réforme des retraites en France, il n’y a pas de raison que nous fassions exception.

Souhaitez-vous revenir sur l’organisation du travail telle qu’elle a été négociée en 2016 ?

Non. Il y a eu signature d’un accord d’entreprise majoritaire avec les syndicats. Nous n’allons pas le dénoncer, même si l’intervention du politique à l’époque pour stopper les négociations au sein de l’entreprise était vraiment regrettable.

La concurrence, les retraites… En additionnant les sujets explosifs dans une même loi, le gouvernement ne prend-il pas le risque d’un conflit majeur ?

Le secteur des transports se réinvente, tout le monde le voit. Cette réinvention, je veux qu’elle se fasse avec la SNCF. Et c’est bien avec les salariés d’aujourd’hui que nous construisons la SNCF de demain.

Quelles sont vos ambitions dans la logistique ?

C’est le deuxième pilier d’avenir de la SNCF, avec les  transports du quotidien. Avec Geodis, nous sommes actuellement au 9e rang mondial : nous voulons être dans le top 5. Sur ces marchés, la taille compte énormément. Nos très grands clients veulent une couverture mondiale, et la certitude que leur logisticien a les meilleures conditions d’achat. Or, pour acheter du cargo maritime ou du fret aérien, il faut s’appuyer sur un effet de taille qui nécessite d’être parmi les tout premiers mondiaux. C’est aussi important pour le pays, car si la France veut conserver une industrie forte, elle doit disposer d’un grand groupe de logistique qui accompagne ses entreprises dans leur conquête mondiale. Nous sommes la seule entreprise française en position de le faire.

Cela passera par une acquisition ?

La logistique est une activité en très forte croissance, et rentable. Depuis 8 ans, elle a apporté 1,6 milliard de marge opérationnelle au financement du groupe. Il est donc légitime d’investir dans de la croissance externe. Aujourd’hui, Geodis représente 9 milliards de chiffre d’affaires. Nous ambitionnons 15 milliards. Nous regardons plusieurs dossiers. Aucun n’est décidé. Nous avons pris un engagement : l’opération sera financée par des cessions et n’entraînera pas un euro de dette en plus pour SNCF Mobilités. Par ailleurs, nous voulons consituter un réseau européen de fret, et travaillons à un nouveau projet industriel sur le fret ferroviaire.

Convention TER : Auvergne-Rhône-Alpes et la SNCF trouvent un accord

La Région et la SNCF ont officialisé, le 13 novembre 2017, leur accord sur la nouvelle convention d’exploitation des TER en Auvergne-Rhône-Alpes. Cette convention d’une durée de six ans renforce les pénalités en cas de retards et d’annulations de trains, et prévoit la possibilité d’une mise en concurrence expérimentale anticipée sur certaines lignes.

Source : Convention TER : Auvergne-Rhône-Alpes et la SNCF trouvent un accord

SNCF Réseau expérimente des équipements pour sécuriser les passages à niveau

Le 2 juin 2017, SNCF Réseau a profité de la 10e Journée nationale de sécurité routière aux passages à niveau (PN) pour dresser un bilan de son action. Le gestionnaire d’infrastructure a investi plus de 46 millions en 2016 et teste plusieurs solutions pour améliorer la sécurité des automobilistes.

Source : SNCF Réseau expérimente des équipements pour sécuriser les passages à niveau

Trains régionaux : géographie d’une crise

Les TER souffrent de retards chroniques, quand des lignes ne sont pas supprimées. Dans certaines régions, le mécontentement s’installe et des collectifs d’usagers s’organisent.

Que vous parliez à des cheminots, à des usagers ou à des élus locaux, c’est l’un des sujets qui fâchent en ce moment en matière de transport ferroviaire : l’état du réseau des trains express régionaux (TER).

Source : Trains régionaux : géographie d’une crise

La SNCF et la RATP travaillent l’expérience client

Avec 11 millions de voyageurs par jour sur le réseau RATP et 10 millions qui transitent dans les 3000 gares de France, la SNCF et la RATP sont assis sur une mine d’or. La première accélère le développement des enseignes de restauration à la faveur de la transformation des gares, tandis que la seconde mise davantage sur les services comme la conciergerie.

Source : La SNCF et la RATP travaillent l’expérience client

L’ordonnance confiant la réalisation de CDG express à la SNCF et à ADP est parue au JO

L’ordonnance ministérielle concernant la réalisation de la liaison CDG Express entre l’aéroport de Roissy et la gare de l’Est est parue au Journal officiel du 19 février 2016. Si tout se passe comme prévu elle sera opérationnelle en 2023.

Source : L’ordonnance confiant la réalisation de CDG express à la SNCF et à ADP est parue au JO

Nanterre-Université hérite d’une toute nouvelle gare

La nouvelle gare entre en service le 17 décembre 2015. Desservie par le RER A et la ligne ligne L, Nanterre-Université doit accueillir 75 000 voyageurs par jour.

Source : Nanterre-Université hérite d’une toute nouvelle gare

L’État allemand va mettre la main à la poche pour restructurer la DB

La Deutsche Bahn (DB) va investir 55 milliards d’euros d’ici 2020, avec l’aide de l’État, dans le cadre d’une réorganisation visant notamment à améliorer la ponctualité de ses trains.

Source : L’État allemand va mettre la main à la poche pour restructurer la DB

Le voyage sans couture va passer par le sans contact

Gemalto, Orange, la RATP et la SNCF ont annoncé, le 3 décembre 2015, la création de Wizway Solutions, une joint-venture dédiée au développement de la mobilité sans contact. L’objectif ? Faciliter les déplacements des usagers en leur permettant de valider leurs billets avec un smartphone NFC, quel que soit le mode de transport.

Source : Le voyage sans couture va passer par le sans contact

IDF : Le Stif, la RATP et la SNCF s’engagent à améliorer la qualité des transports

Les projets de nouveaux contrats Stif avec la RATP (5 ans) et la SNCF (4 ans) promettent aux usagers davantage d’investissements, de qualité de service et de présence humaine. Ces deux contrats doivent encore être soumis au vote des administrateurs du Stif lors de son conseil d’administration du 7 octobre 2015.

Source : IDF : Le Stif, la RATP et la SNCF s’engagent à améliorer la qualité des transports

Le conseil d’administration du Syndicat des Transports d’Île-de-France du 7 octobre 2015 a voté les nouveaux contrats avec la RATP et la SNCF pour la période 2016-2020. Au total, c’est près de 20 milliards d’euros que le Stif versera aux deux entreprises pour le fonctionnement et l’investissement du réseau francilien.

Source : Le Stif vote les contrats avec la RATP et la SNCF

La SNCF va rendre public son programme de travaux ligne par ligne

C’est la principale mesure annoncée le 1er octobre 2015 par le secrétaire d’État Alain Vidalies à l’issue du dernier Comité de suivi de la sécurité ferroviaire : la SNCF va publier en gare et sur son site internet le programme de travaux de maintenance qu’elle conduit ligne par ligne.

Source : La SNCF va rendre public son programme de travaux ligne par ligne

SNCF Transilien met l’accent sur la propreté des rames

Après les lignes D et R, des QR code propreté vont être déployés dans les rames C et J du Transilien. Les usagers peuvent ainsi signaler, en quelques clics, un souci dans leur train. Cet outil permet de réduire le délai d’intervention par deux, passant de 7 à 3-4 jours en moyenne.

Source : SNCF Transilien met l’accent sur la propreté des rames

Idbus devient Ouibus et va ouvrir 85 nouvelles lignes d’autocar en 5 mois

Les premières lignes nationales par autocar de la SNCF seront ouvertes ce 4 septembre 2015. Il s’agit au départ de Paris de rallier, vers l’Est, Nancy, Strasbourg et, vers l’Ouest, Nantes, Le Mans et Angers au prix d’appel de 5 euros. En cinq mois, Ouibus, nouveau nom d’Idbus, va couvrir la France de 85 nouvelles liaisons desservant 35 destinations.

Source : Idbus devient Ouibus et va ouvrir 85 nouvelles lignes d’autocar en 5 mois

Voir également : Ouibus, Ouigo : l’annonce de la nouvelle offre de la SNCF moquée par un faux communiqué

Le trafic des TGV et Intercités a augmenté de 5,7% cet été

Avec 24 millions de voyageurs en juillet et août dans la grande vitesse et les Intercités contre 22,7 millions en 2014, la SNCF voit sa stratégie de billets à petits prix confortée. Quid en revanche de l’évolution des recettes avec un panier moyen en baisse ? Le groupe ne communique pas ces chiffres.

Source : Le trafic des TGV et Intercités a augmenté de 5,7% cet été

La SNCF dématérialise enfin ses abonnements

Avec plusieurs trains de retard, la SNCF propose enfin à ses voyageurs les plus assidûs (TER et Grandes Lignes) de dématérialiser leur abonnement.

En effet, malgré l’avènement du e-billet sur le smartphone (ou la montre connectée), la SNCF obligeait toujours ses abonnés Fréquence et Forfait à avoir sur eux leurs encombrants justificatifs d’abonnement au format papier…

Source : macplus.net