Uber a un p’tit vélo dans la tête

Plusieurs annonces intéressantes ces derniers jours de la part d’Uber. Remettons tout ça en perspective… Uber a réussi là où la plupart des Etats avaient échoué, faire bouger les lignes dans le transport individuel de personne avec chauffeur. La méthode utilisée a été à la hauteur des résistances en place : brutale. Pour Uber, cette approche a permis d’ouvrir des brèches, certaines se sont refermées. D’autres acteurs, comme Lyft, ont profité du brise-glace.

 

Beaucoup de personne continue à voir Uber comme une société de VTC. C’est faux. C’est une Tech Company. C’est-à-dire une société avec beaucoup d’ingénieurs et de développeurs. Le transport de personne avec chauffeur est un moyen de mettre en œuvre un certain nombre de plateforme technique, de les alimenter en données et de gagner un peu d’argent. La vitesse pour réussir cette étape a été essentielle. Cette phase est maintenant terminée. Didi, Grab, Uber, peut être Moovel vont maintenant se « partager » les territoires de développement au niveau mondial. Notons que l’Afrique reste à conquérir, sans doute par Didi …

Cette première phase a permis à Uber de nouer un lien fort avec la multitude et de créer une marque. Elle a aussi permis de mieux comprendre les différentes parties prenantes du secteur de la mobilité et de la ville plus largement. Le reste est du détail.

En achetant JUMP, une société de Vélo en Libre-Service, Uber achète le moyen le plus simple et le moins cher pour poursuivre son travail : lien avec la multitude, création des données origines/destinations, développement d’outils numériques pour connaître les flux urbains, les prévoir et ensuite mieux les organiser. Cette acquisition apporte également à Uber la possibilité de parler aux collectivités. Et ça n’a pas de prix. Rappelez-vous de la phase 1 avec les VTC, les villes n’ont pas aimé et Uber en paye encore le prix. Movement a été créé pour reprendre le dialogue avec le maire : un peu de donnée et des belles interfaces.

Voilà donc les prochains objectifs :

connaître mieux que les autres les flux de personnes et de marchandises – et donc intégrer les traceurs les plus performants. Le VLS est à ce jeu-là la solution la plus lean, le smartphone étant déjà pris par les 2 O.S dominants hors Chine,
continuer à enrober la multitude d’une offre performante, un peu moins chère pour renforcer son lieu et conquérir des territoires,
investir progressivement d’autre solution de mobilité pour accéder à d’autres données et progressivement construire une offre globale,
initier des démarches de conseil aux collectivités bien au-delà de Movement au niveau des infrastructures pour le vélo par exemple, puis pour l’offre de transports en commun. Cette dernière étape revient à considérer les acteurs publics dans une « nouvelle multitude ».
Un autre acteur réalise exactement la même chose : Alphabet, avec Android pour les capteurs (plus d’un milliard de capteur en mouvement tous les jours), Android Auto et Sidewalklabs qui vient d’annoncer contribuer à SUMO, logiciel open source de simulation urbaine, qui lance Coor.co et Replica. Ces conseils seront quasiment gratuits, vous connaissez la suite …

 

En conclusion, aborder le, très à la mode, MaaS par la seule logique d’une offre intégrée est déjà voué à l’échec. Il s’agit plutôt de penser une plateforme complète rassemblant plusieurs parties prenantes, d’un lien fort avec la multitude de citoyens et la multitude de villes et, petit détail, une marque. Si un acteur réussit à développer des outils de Design urbain séduisants et utiles pour les collectivités, alimentés par des données produites de façon acceptables par les citoyens, qui couvrent tous les modes, toutes les typologies d’usage et points du territoire, alors les conséquences pour un grand nombre d’acteur vont être radicales.

A ce jour, la seule alternative crédible en terme de vitesse pour rassembler un grand nombre d’acteurs hétérogènes privés et publics et produire des ressources utiles et évolutives est l’open source et les communs.

Source : Uber a un p’tit vélo dans la tête – Transports du futur

Qualité de l’air : Paris à la traîne des capitales européennes

Copenhague, Amsterdam et Oslo sont en tête du premier classement des villes européennes en matière de mobilité et de qualité de l’air réalisé par Greenpeace.

Copenhague, Amsterdam, Oslo. Voilà le trio de tête du premier classement des capitales européennes réalisé par Greenpeace sous le prisme de la mobilité et de la pollution de l’air. Publié mardi 22 mai, Le Monde en dévoile les résultats.

Paris émerge en milieu de tableau, à la 7e place, également devancée par Zurich (4e) – préférée à Berne pour la Suisse –, Vienne et Madrid. Elle coiffe d’une courte tête Bruxelles (8e). Suivent Budapest, Berlin, Londres, Moscou et Rome, la lanterne rouge.

Pour établir ce classement, Greenpeace a fait appel à l’Institut Wuppertal. Spécialisé dans les questions liées au changement climatique et à la transition énergétique, le centre de recherche allemand a passé au crible treize grandes villes. Afin de mesurer et comparer leurs performances en termes de « mobilité durable », l’Institut Wuppertal a sélectionné vingt et un critères répartis en cinq catégories : transports publics (densité de stations, pourcentage de trajets en transport en commun ou prix du billet), sécurité routière (accidents et décès de cyclistes et de piétons), qualité de l’air (exposition au dioxyde d’azote et aux particules fines), gestion des déplacements (embouteillages, prix des parkings, vélos et autos partagés, zones à basse émission) et mobilités actives (part de la marche et du vélo dans les déplacements, espaces verts dans la ville). Les chercheurs ont ensuite attribué des notes sur 20 pour chaque catégorie avec un total maximal de 100 points.

« Encore de gros efforts »

Avec un score de 38,75 sur 100, Paris est loin de la moyenne. Berlin et Londres, deux capitales avec lesquelles elle rivalise sur la scène internationale, font pire avec 34,50 chacune. Elle se consolera aussi en constatant que seules les trois villes sur le podium obtiennent la moyenne et qu’aucune ne décroche de mention : Copenhague (57), Amsterdam (55) et Oslo (50).

Si le trio de tête n’a pas vraiment surpris les chercheurs, tant ces trois villes du nord de l’Europe sont réputées depuis des années comme des paradis pour les cyclistes, la mauvaise place de Paris a été une découverte. « Les analyses empiriques nous ont apporté des résultats inattendus comme le classement bas de Paris », commente Santhosh Kodukula, qui a piloté l’étude pour l’Institut Wuppertal.

« Paris est souvent citée au niveau international comme un très bon exemple en matière de mobilité, et nous avions en tête les annonces audacieuses de la ville, telle l’interdiction du diesel d’ici à 2024. Nous nous attendions donc à retrouver des actions aussi audacieuses sur le terrain. Or, ce que nous avons constaté avec l’étude, c’est qu’il y a des aspects qui méritent encore de gros efforts », relève le chercheur.

Principal point noir, la qualité de l’air. La maire de Paris, Anne Hidalgo, en a fait l’un des combats de son mandat, avec notamment la fermeture des voies sur berge à la circulation. Sur ce critère, Paris arrive en 12e position avec la note de 9,50/20. Pas brillant. Seul Moscou fait (beaucoup) moins bien, avec 3,50.

Paris est bien notée pour ses transports publics

L’évaluation se fonde sur les niveaux d’émissions pour l’année 2017 des trois principaux polluants : le dioxyde d’azote (NO2) – pour lequel la Commission européenne vient de renvoyer la France devant la justice –, les particules fines PM10 (de diamètre inférieur à 10 µm) et PM2,5 (inférieur à 2,5 µm). Les Parisiens sont exposés à des valeurs annuelles qui dépassent largement les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le NO2 (40µg/m3) et pour les PM2,5 (10µg/m3). Oslo est la seule ville qui respecte les normes de l’OMS sur l’ensemble des polluants.

Autre point noir, la congestion du trafic. Paris est l’une des capitales les plus engorgées. Le temps de transport moyen est augmenté d’environ 38 % à cause des difficultés de circulation. Des bouchons en hausse de 10 % en 2017 en Ile-de-France, selon une étude récente réalisée par l’application d’information routière V-Traffic.

Paradoxalement, la part de la voiture dans les déplacements des Parisiens (15,8 %) est la plus faible comparée aux autres capitales. Elle atteint ainsi 34 % pour le champion, Copenhague. Paris a un handicap insurmontable par rapport aux leaders du classement : sa population totale (petite couronne comprise) et sa densité (21 000 habitants au km²), plus de deux fois supérieure à celle de la capitale du Danemark (9 000 habitants/km²).

Sans surprise, Paris est en revanche bien notée (2e) pour ses transports publics. Mais les auteurs précisent qu’un bon réseau n’est pas suffisant. Ils encouragent ainsi les pouvoirs publics à faire une plus grande place au vélo. La bicyclette ne représente que 3 % des déplacements des Parisiens, contre 30 % pour les habitants de Copenhague. Les rues de la capitale danoise sont organisées autour des besoins des piétons et des cyclistes, notent les auteurs : « Les voitures ne dominent pas, elles sont seulement un autre usage de l’espace. »

« Paris est toujours asphyxiée par la pollution de l’air, car ses rues sont encore trop encombrées par les voitures, commente Sarah Fayolle, de Greenpeace France. A l’image de Copenhague, Amsterdam ou Oslo, qui privilégient la santé de leurs habitants et l’environnement, Paris doit se montrer à la hauteur de ses ambitions et avancer très concrètement vers l’objectif qu’elle s’est fixé d’une ville libérée de la voiture individuelle. » Anne Hidalgo cite souvent Copenhague en modèle. Le chemin est encore long.

Source : Le Monde – Stéphane Mandard – Qualité de l’air : Paris à la traine des capitales européennes

 

Les certificats d’économie d’énergie dans les transports

Le dispositif des certificats d’économie d’énergie (CEE) existe depuis 2006 mais il est peu connu dans le secteur des transports de personnes. Après 12 ans d’existence, le dispositif s’est révélé efficace dans le secteur du bâtiment où l’isolation et le chauffage sont des gisements très importants d’économie d’énergie. L’un des enjeux de la quatrième période (2018-2020) qui commence est d’étendre l’impact de ce dispositif à d’autres secteurs d’activités où des gisements d’économie d’énergie se révèlent potentiellement importants et encore inexploités, notamment dans le transport de personnes. Dans le tryptique production/stockage/consommation, le volet réduction de la consommation dans les transports ne doit pas être oublié.

Le dispositif des certificats d’économie d’énergie est un outil de la politique nationale de maîtrise de la demande énergétique créé par la loi de programmation fixant les orientations de la politique énergétique (POPE) du 13 juillet 2005.

Quatre grandes conclusions ressortent de cette étude.

Le bilan du dispositif des CEE est positif, car les objectifs d’économie d’énergie sont globalement dépassés. Les fournisseurs d’énergie (les « obligés ») ciblent des opérations standardisées hautement rentables, pour lesquelles ils engrangent facilement et rapidement des kWh. Au final, ils atteignent relativement aisément leurs objectifs et ne souhaitent pas s’embarrasser ni avec des opérations spécifiques ni avec des programmes. De plus, une fois l’objectif atteint, les CEE en surplus peuvent être revendus sur le marché Emmy.
Les résultats en termes de kWh économisés sont satisfaisants mais sont relativement faibles au regard des enjeux climatiques. En 2016, les CEE ont généré une baisse de 4,4 % de la consommation énergétique annuelle nationale. Pour cette raison, les objectifs ont été nettement revus à la hausse pour la quatrième période. Tous les secteurs, notamment le transport des personnes et des biens, devront apporter leurs contributions proportionnellement à leur consommation énergétique. Moins de 6 % des CEE délivrés en troisième période (2015-2017) concernaient le transport alors que ce secteur représente 33 % de la consommation énergétique nationale.
Les experts de l’ADEME et de l’ATEE révisent les fiches régulièrement en fonction des normes, réglementations et données actualisées mais ils rencontrent souvent des difficultés à forfaitiser des montants de kWh par rapport à une situation de référence. Des réflexions sont en cours pour créer de nouvelles opérations standardisées sur le vélo en libre-service, sur des aménagements vélo dans les bus et les trains, sur des pass mobilité, etc. Mais les fiches ont du mal à se concrétiser à cause de la complexité à calculer les forfaits CEE. Pourtant, à l’ère de la révolution numérique, le big data (traces GPS, Wifi, etc) offre de nouvelles perspectives dans la connaissance fine de la mobilité. ll permettrait de suivre en temps réel les déplacements des individus et donc de calculer précisément les consommations énergétiques réelles par une sorte de compteur Linky des déplacements.
Les collectivités locales et leurs établissements publics participent déjà activement au dispositif des CEE dans les domaines où leur compétence est entière : logement, réseaux de chaleur. En revanche, la mobilité est encore trop peu présente dans le dispositif des CEE. La quatrième période vise à poursuivre cet objectif de diversifier les actions d’économie d’énergie par les CEE. Pour les collectivités locales, ce ne sont pas tant les opérations standardisées qui sont intéressantes mais les programmes d’accompagnement. Rappelons que les collectivités locales, en tant qu’éligibles, ont la possibilité de déposer des dossiers de demande de CEE au travers de partenariats avec des obligés. ll faut donc continuer à sensibiliser les autorités organisatrices de la mobilité et les collectivités locales au dispositif des CEE et à les encourager à mettre en place des programmes d’économie d’énergie dans le transport de personnes et de marchandises.

Source : Les certificats d’économie d’énergie dans les transports

La pose d’un “californien”

Vidéo explicative d’un californien tramway.

Provisoire et démontable, cet aiguillage a été installé sur T2 et T5 afin de permettre aux tramways d’effectuer des demi-tours en cas de service partiel.

Il a été posé dans la nuit du 27 au 28 avril, 100 mètres après la station Essarts-Iris, en direction du centre-ville de Lyon.

Grâce à cet équipement ferroviaire, le tramway passe de la voie de droite à celle de gauche, le conducteur descend, change de cabine de pilotage et repart dans l’autre sens.

Source : La pose d’un “californien” | Mobiles

Les recettes du stationnement en ville, un business ultra-rentable pour… des sociétés privées

L’argent que les automobilistes dépensent pour se garer finit-il dans les caisses des communes ? Dans la plupart des cas, non. Sur le million de places de stationnement réglementées que compte la France, plus de la moitié sont gérées par des entreprises privées, le plus souvent au détriment des finances publiques. Il arrive même que les villes payent pour que les entreprises privées puissent s’enrichir en toute quiétude, voire même augmentent les tarifs de stationnements pour les habitants dans le but de se renflouer. C’est ce que révèle l’ouvrage Services publics délégués au privé : à qui profite le deal ? , d’Isabelle Jarjaille, publié ce mardi 27 mars par les éditions Yves Michel, et dont Basta publie ici un extrait.

Source : Les recettes du stationnement en ville, un business ultra-rentable pour… des sociétés privées – Basta !

La carte du monde des vrais noms de pays

Espagne, Angleterre, Grèce, Bulgarie… Vous êtes-vous déjà posé la question de savoir d’où viennent ces noms de pays et quelles sont leurs significations? L’étymologie peut se révéler une source intarissable d’informations sur l’histoire des peuples et des civilisations. Credit Card Compare, un comparateur de cartes de crédit, a créé une carte du monde avec les noms de pays traduits littéralement dans leur langue d’origine, nous apprends Forbes.

Source : La carte du monde des vrais noms de pays | Slate.fr

Un télésiège devient fou en Géorgie

Un violent accident de télésiège s’est produit ce vendredi en Géorgie, dans la station de ski de Goudaouri. L’appareil s’est soudainement disloqué projetant ainsi de nombreux skieurs. Le bilan est encore inconnu.

Source : Un télésiège devient fou en Géorgie

Baromètre des Villes Cyclables : résultat final – FUB

Grande enquête citoyenne à laquelle ont répondu plus de 113 000 Français, le Baromètre Cyclable de la Fédération des Usagers de la Bicyclette (FUB) paru récemment est une avancée indéniable et significative dans la connaissance du vélo sur le territoire national.
Fruit d’un travail minutieux et très complet, il dévoile, catégorie par catégorie, les points forts et points faibles respectifs de chaque ville en termes de développement cyclable.

Source : Barometre des Villes Cyclables resultat final – FUB | Tableau Public

D’autres initiatives d’analyse globale de la fréquentation vélo :

  • Index mondial du vélo : En juin 2017, à partir de l’analyse de 350 millions de trajets enregistrés par 2 360 compteurs répartis sur 32 pays différents, nous avons dévoilé l’Index Mondial du Vélo. Celui ci fait état de la progression 2016-2017 du nombre de vélos comptés, pays par pays. A l’échelle de la France, la progression 2016-2017 enregistrée est de +3%.
  • Index national des fréquentations : Initiative lancée par le Club des Villes et Territoires Cyclables (CVTC), l’Index national des fréquentations paru en septembre 2017 est également une base de données très pertinente pour mieux comprendre les évolutions de la pratique du vélo en France sur différentes villes.

Voir le billet du blog éco-compteur.

Véhicules autonomes : états d’avancement, perspectives, enjeux

Où en sont les véhicules autonomes aujourd’hui ? Quelles sont les perspectives, non seulement
de développement technique mais aussi de déploiement et d’intégration dans nos systèmes de
mobilité ? Quels sont les enjeux pour la mobilité durable, à la fois les potentialités et les risques ?

Source : MONITEUR DE LA MOBILITÉ & DE LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE – N° 49 // Printemps 2018

Qui a ouvert quoi ? le recensement des données des villes est maintenant ouvert

Plus de 400 jeux de données ouvertes à explorer
Parcourir les données du recensement : frama.link/recensement_communes_explore
Télécharger les données du recensement (format Open Document, licence CC-BY-SA 4.0) : frama.link/recensement_communes_ods

Le recensement des données ouvertes par les municipalités vous permet de connaitre quelle commune a ouvert quel jeu de données sur un échantillon de 16 villes en France. Il n’est pas exhaustif mais il permet d’ores et déjà de découvrir plus de 400 jeux de données ouverts et ouvrables. Ce travail d’exploration révèle les difficultés des réutilisateurs quant à la découvrabilité et à la qualité des données ouvertes. Des données manquent ? Avec DODOdata, nous pouvons vous aider à les ouvrir !

Source : Qui a ouvert quoi ? le recensement des données des villes est maintenant ouvert

Quel âge ont les frontières ? Un exercice de cartographie synthétique

PisseGuri82 a publié une carte originale sur Reddit : l’âge des frontières. L’exercice peut paraître simple a priori. En fait, il n’en est rien et l’auteur s’en sort très bien.
The Age of BordersSaviez-vous qu’entre 1920 et 1924, près de 90 000 km de frontières ont été définies ? Qu’en Europe la moyenne d’âge des frontières se situe en l’an 1777, et qu’en Afrique, c’est en 1906 ? Des dates qui en disent long sur l’histoire respective de nos continents.

L’exercice réalisé par PisseGuri82, un contributeur Reddit, est intéressant à plus d’un titre. Sur le fond d’abord, car l’auteur a pris le temps d’expliquer sa démarche et ses limites. Il s’est appuyé sur les documents officiels et, travaillant à l’échelle mondiale, a ignoré les ajustements qui ne cessent d’être faits. Mais il s’est rendu compte que ce sont plutôt les dernières dates de modification que les premières qui sont répertoriées. Du coup, conscient de ses imperfections, PisseGuri82, qui n’est pas historien, invite les Internautes à l’aider à compléter son travail.

Sur la forme, les choix effectués méritent également une belle mention, car le sujet n’est pas facile à traiter. L’auteur a choisi une couleur par siècle en s’appuyant sur le cercle chromatique. La forme du trait rappelle quant à elle quelques caractéristiques des frontières (frontières originellement internes, frontières disputées…). Un graphique représente enfin le nombre de kilomètres officiels de frontières qui ont été définis par période.

Bref, un exercice de géodatavisualisation doublement réussi !

Lien direct vers la carte sur Reddit

Source : Quel âge ont les frontières ? Un exercice de cartographie synthétique

Guillaume Pepy : « Nous préparons pour nos clients un assistant personnel de mobilité »

Dans une interview aux « Echos », le patron du groupe public annonce une accentuation des investissements dans le numérique et précise son rôle et ses attentes face aux réformes en profondeur que le gouvernement prépare pour le secteur ferroviaire.

Vous réunissez ces lundi et mardi à Rotterdam 600 managers pour le séminaire annuel du groupe. Quel sera votre message ?

Nous allons leur présenter l’avancement du nouveau projet du groupe à l’horizon 2025. Celui-ci s’appuie sur plus de 60.000 expressions de clients et salariés. C’est une des traductions de la méthode du projet groupe, qui est basé sur l’ouverture. Nous réinventons nos métiers: nous sommes présents dans les nouvelles mobilités, comme les VTC ou les navettes autonomes, et notre métier de base se transforme avec les nouvelles technologies. La vision pour les années à venir consiste à faire de SNCF une entreprise de plate-formes et un groupe industriel. C’est ce qui fait notre originalité, et nous rapproche plus d’Amazon que de Google. Notre ambition est de faire de la mobilité un service. Nous produisons une partie de ces services, et nous sommes partenaires pour les autres.

Qu’entendez-vous par « entreprise de plates-formes » ?

Cela fait plusieurs années que nous investissons massivement dans ce domaine.  Voyages-sncf.com, qui est le premier site de e-tourisme en France, va devenir oui.sncf  le 7 décembre. Il est encore plus multi-modal et s’ouvrira à la mobilité régionale et locale, avec de nombreuses offres qui concerneront le tramway de Bordeaux ou encore le métro de Lille. En parallèle, l’application SNCF compte 25 millions de visiteurs uniques chaque mois, ce qui en fait la première application transport du pays. Nous y ajoutons progressivement la grande majorité des réseaux urbains de France, avec des horaires en temps réel. Ce sont déjà des outils puissants. Aujourd’hui, nous accélérons.

Comment ?

Nous avons fait cet été l’acquisition d’une start-up, Loco2, une pépite technologique. Nous voulons répliquer le succès de voyages-sncf.com en créant une plateforme de distribution à l’échelle européenne. Loco2 en sera le vecteur, et s’ouvrira à toutes les mobilités partagées. Par ailleurs, nous construisons avec nos partenaires RATP, Transdev et Blablacar un entrepôt de données commun sur toutes les offres de transport.

Dans quel objectif ?

A partir de cet entrepôt de données, SNCF proposera un assistant personnel de mobilité, disponible 24 heures sur 24, qui prendra en compte vos déplacements, et les combinera avec toutes les offres disponibles sur le marché, quel que soit le mode de transport. Cet outil concevra le meilleur itinéraire en combinant les différents modes, fera la ou les réservations, avec des informations en temps réel sur l’état du trafic, et une billettique intégrée accessible par le smartphone. Ce futur assistant de mobilité traduit une volonté d’ouverture qui est une révolution dans le nouveau projet du groupe. Nous ne voulons pas nous comporter comme une citadelle assiégée, mais au contraire montrer que nous avons suffisamment d’atouts pour nous ouvrir, y compris vis-à-vis des nouvelles mobilités que nous pouvions percevoir comme concurrentes.

Comme le covoiturage ?

Les offres de covoiturage, qu’il s’agisse de l’offre du groupe, Idvroom, ou celles de concurrents comme Blablacar, pourraient effectivement demain être combinées avec le train pour compléter certains trajets, avec un seul billet et une seule réservation. Le covoiturage n’est pas notre ennemi. Nous faisons le même métier, celui de la mobilité partagée, et nous avons le même adversaire, l’usage individuelle de la voiture. Alors connectons les offres, mettons-les ensemble sur des plates-formes, et les clients auront le choix. Ce qui nous rapproche de nos concurrents dans les mobilités partagées est beaucoup plus fort que ce qui nous éloigne. C’est un projet dans lequel tout le monde gagne, qui va fiabiliser le transport collectif, le rendre plus simple, et où nous pouvons être moteur, sans pour autant être hégémoniques.

À quel horizon pensez-vous aboutir ?

Ce n’est pas de la science-fiction! La technologie est là, la volonté d’ouverture aussi. Maintenant, le défi est immense. Dans un an, nous devrions avoir des résultats vraiment intéressants pour nos clients.

D’ici là, vous devrez aussi vous attaquer aux lacunes mises en évidence par la pagaille gare Montparnasse fin juillet…

Nous avons mal géré cet incident. Nous l’assumons, c’est notre responsabilité.  Nous nous sommes remis en cause , et nous sommes engagés dans un programme de rupture, baptisé Robustesse et information, qui refond nos processus industriels de régularité et notre système d’information voyageurs. C’est un programme crucial, aussi important que celui lancé il y a 4 ans sur la sécurité ferroviaire.

Que faut-il en attendre ?

Un saut de qualité de service! Lorsqu’il y a un incident, nos offres de transport alternatives doivent être complètes et claires, ce qui n’a pas été le cas cet été. Cela passe par l’établissement de scénarios de secours dans tous les cas. C’est un gigantesque travail, qui a démarré cet été. Le numérique va faciliter les choses. L’intelligence artificielle aussi, en améliorant la prédictibilité de la durée des incidents. Cela s’inscrit dans la stratégie de SNCF Réseau, où Patrick Jeantet est en train de transformer le réseau actuel en un réseau innovant et connecté.

Qu’attendez-vous des Assises de la mobilité, qui viennent de s’ouvrir ?

Elles sont nécessaires. La ministre des Transports Elisabeth Borne a eu raison de lancer cette initiative, i l  y a une telle révolution dans le secteur. Nous y participerons avec humilité. Le président de la République a montré le cap en expliquant qu’il fallait cesser de penser à partir des infrastructures mais plutôt partir des usages, et raisonner tous modes de transport confondus. Cela conforte le choix que nous avons fait depuis plusieurs années. L’enjeu, c’est d’aller plus loin, plus vite.

L’exécutif a également annoncé une réforme profonde du système ferroviaire…

Soyons clairs sur le rôle de chacun. Le premier ministre a chargé Jean-Cyril Spinetta de préparer les discussions. Nous, SNCF, nous devons améliorer notre performance. Notre ambition est de nous améliorer de 2,4 milliards d’euros en 2020 par rapport à aujourd’hui, en combinant plan de performance industrielle, offensive commerciale et réduction des frais de structure. Sur ce dernier point, l’engagement est de réaliser 20 à 25 % d’économies d’ici à 2020. Dans le même temps, l’État annonce qu’il va réformer le système ferroviaire. Nous en avons besoin. Il est indispensable de le faire avant que la concurrence ne devienne une réalité, en 2020 pour la grande vitesse, et en 2023 au plus tard pour les TER.

Quels doivent être les sujets prioritaires selon vous ?

Ceux liés à la concurrence justement. La SNCF et les cheminots sont en droit de savoir ce qui va se passer. Nous sommes déterminés à rendre un meilleur service aux régions. Nous avons besoin de règles du jeu claires, et de conditions justes et équitables. Aujourd’hui par exemple, nous payons une surcotisation retraite de 14 % sur les salaires. Cela veut dire que dans tout appel d’offres, nous serions systématiquement plus chers. Nous ne demandons pas de privilèges, mais de l’équité, afin de ne pas être pénalisés.

Pour le TGV, certains élus proposent non plus une concurrence ouverte, mais un système de franchises…

Ce n’est pas une bonne idée.  Ce système serait censé protéger les lignes TGV d’aménagement du territoire , mais il a deux inconvénients. Il supprimerait la concurrence et l’émulation qui va avec, puisqu’il n’y aurait plus qu’un seul transporteur sur un territoire donné. Et il consoliderait des lignes TGV déficitaires. Un système de franchises reviendrait à créer des monopoles régionaux. Je ne vois pas l’intérêt pour les clients!

Que se passera-t-il sur les régimes spéciaux de retraite ?

Le gouvernement vient de lancer la concertation. Les décisions lui reviendront. Le principe annoncé est très clair : la future réforme sur les retraites va concerner tout le monde, et donc les salariés de la SNCF. Dans une réforme des retraites en France, il n’y a pas de raison que nous fassions exception.

Souhaitez-vous revenir sur l’organisation du travail telle qu’elle a été négociée en 2016 ?

Non. Il y a eu signature d’un accord d’entreprise majoritaire avec les syndicats. Nous n’allons pas le dénoncer, même si l’intervention du politique à l’époque pour stopper les négociations au sein de l’entreprise était vraiment regrettable.

La concurrence, les retraites… En additionnant les sujets explosifs dans une même loi, le gouvernement ne prend-il pas le risque d’un conflit majeur ?

Le secteur des transports se réinvente, tout le monde le voit. Cette réinvention, je veux qu’elle se fasse avec la SNCF. Et c’est bien avec les salariés d’aujourd’hui que nous construisons la SNCF de demain.

Quelles sont vos ambitions dans la logistique ?

C’est le deuxième pilier d’avenir de la SNCF, avec les  transports du quotidien. Avec Geodis, nous sommes actuellement au 9e rang mondial : nous voulons être dans le top 5. Sur ces marchés, la taille compte énormément. Nos très grands clients veulent une couverture mondiale, et la certitude que leur logisticien a les meilleures conditions d’achat. Or, pour acheter du cargo maritime ou du fret aérien, il faut s’appuyer sur un effet de taille qui nécessite d’être parmi les tout premiers mondiaux. C’est aussi important pour le pays, car si la France veut conserver une industrie forte, elle doit disposer d’un grand groupe de logistique qui accompagne ses entreprises dans leur conquête mondiale. Nous sommes la seule entreprise française en position de le faire.

Cela passera par une acquisition ?

La logistique est une activité en très forte croissance, et rentable. Depuis 8 ans, elle a apporté 1,6 milliard de marge opérationnelle au financement du groupe. Il est donc légitime d’investir dans de la croissance externe. Aujourd’hui, Geodis représente 9 milliards de chiffre d’affaires. Nous ambitionnons 15 milliards. Nous regardons plusieurs dossiers. Aucun n’est décidé. Nous avons pris un engagement : l’opération sera financée par des cessions et n’entraînera pas un euro de dette en plus pour SNCF Mobilités. Par ailleurs, nous voulons consituter un réseau européen de fret, et travaillons à un nouveau projet industriel sur le fret ferroviaire.

Réseau ferroviaire français : densité et qualité

Le « Rapport sur l’avenir du transport ferroviaire » remis la semaine dernière au Premier ministre par l’ancien PDG d’Air France-KLM Jean-Cyril Spinetta préconise la fermeture des « petites lignes » de chemin de fer, les moins fréquentées, par souci d’économie. La France compte le deuxième réseau ferré de l’Union européenne en longueur, derrière l’Allemagne. Mais rapporté à la taille du territoire, il est déjà moins étendu que ceux de l’Italie, du Royaume-Uni, des Pays-Bas ou de la Suisse. Cette dernière possède par ailleurs la meilleure infrastructure ferroviaire au monde avec le Japon, selon une étude annuelle réalisée auprès de chefs d’entreprise par le Forum économique mondial, une fondation organisant le forum annuel de Davos. Si le rapport Spinetta vise à améliorer la qualité du réseau ferroviaire français, celui-ci est relativement bien noté, avec un 5,8 sur 7 qui le place en 5e position dans le classement mondial.

Source : Brief.me – Archives