La Drôme va tester la première navette autonome en milieu rural

A partir du 7 septembre, et pour la première fois en France, une navette autonome va circuler en zone rurale. Baptisée Beti et équipée par Navya, elle se déplacera en circulation réelle sur un trajet d’environ 5 km, sans chauffeur mais avec un opérateur de sécurité.

Source : La Drôme va tester la première navette autonome en milieu rural

Les transports de Montpellier gratuits le week-end

Dès le 5 septembre, les habitants de la métropole de Montpellier pourront voyager gratuitement tous les week-ends à bord des bus et tramways du réseau TaM, a annoncé le 26 août, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole. Cette mesure est la première phase de la mise en place de la gratuité des transports en commun pour les habitants de la Métropole. À cette occasion, Montpellier Méditerranée Métropole crée le Pass week-end gratuit, utilisable de manière simplifiée avec l’application mobile M’Ticket TaM.

Source : Les transports de Montpellier gratuits le week-end – Ville, Rail et Transports

Voici les 10 meilleurs tramways inaugurés au 21ème siècle dans de grandes villes

Quelle grande ville possède le meilleur tramway du 21ème siècle ? Vous ne vous êtes sans doute jamais posé cette question. Eurogroup Consulting, si : le cabinet de conseil en stratégie français a en effet dressé un classement des meilleurs tramways inaugurés lors de notre siècle grâce à plusieurs indicateurs. Et la France est à l’honneur avec 8 villes dans le top 10. Il faut dire que, parmi les 12 “réseaux de tramway récents dans de grandes villes” étudiés, seuls quatre ne sont pas dans l’Hexagone…

Source : Voici les 10 meilleurs tramways inaugurés au 21ème siècle dans de grandes villes

Municipales 2020 : pourquoi la piétonnisation des centres ne suffit pas

Alors que les écologistes ont enregistré des scores historiques lors du second tour des élections municipales de juin, la marche à pied va être un chantier important dans les prochains mois pour beaucoup de collectivités françaises dont les nouveaux élus ont fait campagne sur le sujet. Dans ce contexte, le Forum Vies Mobiles alerte sur la nécessité de ne pas s’arrêter à la pietonnisation des centres-villes pour faire de la marche un mode de déplacement à part entière. Il faut penser des continuités piétonnes à l’échelle des villes, des agglomérations et des métropoles. Le cas de la piétonnisation du centre de Bruxelles, qui a fait l’objet d’une recherche, est riche en enseignements.

Source : Municipales 2020 : pourquoi la piétonnisation des centres ne suffit pas | Forum Vies Mobiles – Préparer la transition mobilitaire

Quand la voiture devient source d’électricité

Par lemonde.fr – 4 min –Afficher l’original

Les Zoé de l’île de Porto Santo, sur l’archipel de Madère, permettent d’absorber une partie de l’électricité photovoltaïque et éolienne. JOAO M. FARIA
Les Zoé de l’île de Porto Santo, sur l’archipel de Madère, permettent d’absorber une partie de l’électricité photovoltaïque et éolienne. JOAO M. FARIA

Une automobile se trouve, en moyenne, immobilisée 95 % du temps. Un véhicule électrique n’échappe pas à cette réalité mais, au contraire d’une voiture thermique, il peut se rendre utile, même à l’arrêt. Sa batterie est susceptible d’être mise à contribution pour stocker de l’électricité mais aussi en restituer vers le réseau afin de contribuer à rééquilibrer le rapport entre offre et demande de courant.

Renault a lancé depuis fin mars deux expérimentations de son système de charge bidirectionnelle aux Pays-Bas et au Portugal avant de l’étendre à sept pays, dont la France, dans le courant de l’année. Egalement appelé charge réversible, cet équipement installé à bord de quinze Zoé transforme une voiture électrique en unité de stockage temporaire. « La recharge s’effectue au maximum quand l’offre est abondante, donc moins chère, notamment lors des pics de production des énergies renouvelables, mais la voiture sait aussi restituer de l’électricité dans le réseau lors des pics de consommation », résume-t-on chez Renault. Les Zoé de l’île de Porto Santo, sur l’archipel de Madère, permettent par exemple d’absorber une partie de l’électricité photovoltaïque et éolienne excédentaire produite sur place à certains moments de la journée et de la réinjecter lorsque cela devient nécessaire.

Mitsubishi estime que l’on peut faire fonctionner pendant dix jours une maison en totale autarcie grâce à la batterie d’un Outlander Phev

Les « réseaux intelligents », qui contribuent à lisser le rapport entre production et consommation, fonctionnent par l’intermédiaire d’un agrégateur, intermédiaire entre le client final et le fournisseur d’énergie. Renault, qui compte déployer ce système « à très grande échelle », proposera d’équiper à partir de 2020 ses futures générations de voitures électriques avec un chargeur bidirectionnel. L’option devrait être facturée quelques centaines d’euros.

Devenir – sans devoir s’en préoccuper, car le système fonctionne de manière autonome – un rouage de la distribution d’électricité permet d’optimiser la facture énergétique de son automobile mais aussi d’être rémunéré. L’essor des réseaux intelligents réclame toutefois de combler certains vides juridiques. « Un véhicule qui charge, stocke et renvoie du courant dans le réseau doit-il être considéré comme un consommateur ou un distributeur d’électricité ? En fait, il n’est ni l’un ni l’autre, mais ce statut n’est encore reconnu nulle part », souligne Nicolas Schottey, responsable du programme batteries et infrastructures des véhicules électriques du Groupe Renault. Selon le constructeur, de nouveaux textes européens devraient être élaborés sans trop tarder. Lire aussi Au Mans, les voitures anciennes deviennent électriques

D’autres constructeurs ont déjà lancé des tests grandeur nature. Nissan a participé au lancement d’une plate-forme commerciale de véhicules connectés au réseau, opérationnelle depuis 2016 au Danemark. Dix fourgons électriques « peuvent faire office de réserve d’énergie mobile » et être sollicités lors des pics de consommation. La même initiative devrait bientôt voir le jour au Royaume-Uni. En Allemagne, le constructeur japonais a obtenu en octobre 2018 que la Leaf soit homologuée non seulement comme un véhicule mais aussi comme « une unité de stockage, susceptible de suppléer le réseau électrique ». Outre-Rhin mais aussi au Danemark, Nissan propose à certains de ses clients de payer une partie des frais de location de leur Leaf grâce au bonus – qui peut atteindre 100 euros par mois – engrangé auprès des gestionnaires de réseaux électriques.

Réduire sa facture

Dans l’écosystème de la voiture électrique, le constructeur doit aller au-delà de son activité de classique vendeur d’automobiles. L’américain Tesla n’a pas encore équipé ses modèles de chargeurs bidirectionnels mais devra, de toute évidence, envisager de le faire. Pour l’heure, il commercialise pour près de 8 000 euros un Powerwall, une batterie domestique de 13,5 kWh, et prévoit de proposer des tuiles solaires. De son côté, Mitsubishi proposera à partir du mois de mai aux propriétaires de son Outlander Phev, un gros SUV hybride rechargeable disposant d’une batterie de 13,8 kWh, de souscrire à la formule « Dendo House » (Dendo est l’acronyme de « conduite électrique », en japonais).

L’offre, valable au Japon et en Allemagne, comprend un chargeur bidirectionnel intégré au véhicule, une batterie domestique ainsi que des panneaux photovoltaïques à installer sur sa maison et un système de gestion de l’énergie. Avec cet équipement, la voiture peut être rechargée avec de l’énergie solaire mais peut aussi alimenter le domicile de son propriétaire ou restituer du courant dans le réseau électrique. Article réservé à nos abonnés Lire aussi La communauté des convertis à la voiture électrique

Mitsubishi estime que l’on peut faire fonctionner pendant dix jours une maison en totale autarcie grâce à la batterie d’un Outlander Phev. Un argument qui pourrait convaincre certains clients japonais, régulièrement confrontés à des coupures de courant provoquées par des typhons ou des délestages. En fonction des tarifs d’achat pratiqués par les fournisseurs d’énergie, l’investissement (20 000 à 25 000 euros, hors coût d’achat de la voiture) pourrait être amorti sur une période de six à neuf ans, assure le constructeur, convaincu que « le prix de l’énergie va doubler entre 2020 et 2040 alors que celui des panneaux solaires va fortement diminuer ». La formule n’est, pour le moment, pas proposée en France, compte tenu des tarifs peu attrayants en vigueur pour le rachat de la production d’électricité d’origine domestique.

Transformer les batteries en autant d’unités de stockage permettrait non seulement de réduire la facture des utilisateurs de voitures propres mais aussi d’atténuer l’impact de l’électrification du parc sur la consommation d’énergie évaluée par RTE, le gestionnaire du réseau public de transport d’électricité, à 7 % de la production totale pour 15 millions de véhicules. Selon Takashi Hiromatsu, spécialiste de la mobilité « zéro émission » chez Mitsubishi, raccorder 10 000 véhicules électriques au réseau équivaudrait à l’apport d’une centrale nucléaire.

Nancy : à bord de de l’Urbanloop, un moyen de transport révolutionnaire

Par france3-regions.francetvinfo.fr – 4 min –Afficher l’original

Urbanloop est un projet développé depuis trois ans par quatre écoles d’ingénieurs de Nancy avec l’Université de Lorraine. Imaginez des capsules transparentes, individuelles ou en duo pour aller partout dans la ville. Un projet qui s’inscrit dans le cadre des enjeux liés au développement durable.

Comment imaginez-vous circuler en ville dans le futur ? Pourquoi pas des capsules électriques qui filent sur les rails à une vitesse de 60 km/h. Elles peuvent vous emmener en solo ou en duo d’un point à un autre sans jamais avoir à attendre. Un déplacement qui serait en plus respectueux pour l’environnement. Il s’inscrirait totalement dans la perspective des enjeux actuels du développement durable. Autre avantage, en cette période de crise sanitaire liée à la présence du coronavirus, ces capsules individuelles pourraient permettre d’être moins exposé au virus tout en prenant un transport public.

Cette idée folle a été impulsée par Jean-Philippe Mangeot, enseignant à l’ENSEM (École nationale supérieure d’Électricité et de Mécanique), à Nancy en 2017. Avec ses étudiants, ils planchent alors sur les premières ébauches. Trois autres écoles d’ingénieurs se joignent au projet l’année suivante : Télécoms Nancy, Mines Nancy et l’ENSG (École nationale supérieure de Géologie). Trois ans plus tard, après avoir suscité un engouement dans le monde universitaire, le projet Urbanloop intéresse aussi les pouvoirs publics. Il a même été repéré par quelques villes dans le monde, désireuses de trouver une solution de mobilité urbaine sans voiture. Le printemps 2020 marque une nouvelle phase dans ce projet. La création d’une SAS (Société par actions simplifiée) pour porter ce projet vers la phase industrielle. Mais aussi l’achat de locaux dédiés au projet. Autant de signes qui confirment que désormais Urbanloop entre sur le terrain des mobilités du futur.

Depuis quelques semaines, une capsule tourne sur le site du Technopôle de Brabois. C’est le premier prototype à taille réelle. Il roule de façon autonome sur une boucle de 300 mètres. Il permet de prendre à son bord deux personnes. La consommation énergétique est inférieure à 1 centime d’euro par km parcouru. (6 kWh/100 km). Une capsule qui permet aussi de vérifier les calculs des ingénieurs et de valider les points liés à la mécanique et à la sécurité.

On a instrumenté notre petite capsule avec des compteurs et des petits processeurs… On arrive à avoir une précision de 200 millisecondes

Jean-Philippe Mangeot, Directeur de projet

Un nouveau prototype est en cours de fabrication pour poursuivre les essais techniques. On pourrait le voir à l’œuvre après la rentrée de septembre. L’équipe travaille aussi à la réalisation d’un circuit d’1 km. Cette fois, trois boucles et cinq stations seront mises en place pour consolider les résultats jusque-là théoriques du fonctionnement en temps réel du système avec plusieurs capsules en fonctionnement.

Urbanloop des capsules individuelles ou en duo sans attendre

Des capsules individuelles ou en duo sur rail 100 % électrique, sans batterie à très faible consommation. Leur propulsion est assurée par un moteur électrique alimenté par le rail, en très basse tension. La flotte est composée de véhicules identiques avec des châssis et des carrosseries communes, mais avec deux types d’aménagement intérieurs possibles : deux sièges face à face ou un seul siège pour laisser la place à une personne en fauteuil roulant et un accompagnateur ou un voyageur et son vélo ou encore une personne et une poussette…

Des capsules peu visibles dans la ville. Elles pourront être semi-enterrées en zone urbaine avec une transparence sur le dessus pour être sous la chaussée par exemple ou sous une piste cyclable et au-dessus du sol dans des zones plus vertes comme le long d’un canal par exemple.

Pas de chantier pharaonique, dans leur dossier de présentation, les concepteurs d’Urbanloop précisent :

Les travaux et aménagements à réaliser sont plus proches de celles d’un aménagement de piste cyclable que celles de la construction d’une voie de tramway

Dossier de présentation Urbanloop

L’intelligence artificielle au service de l’environnement

Des capsules seraient disponibles à tout moment partout sur le circuit, dans des stations et circuleraient de manière fluide sur le réseau. Pour arriver à un tel degrés de précision, il faut une technologie innovante comme peut l’être l’intelligence artificielle. Elle permet de gérer et de synchroniser avec une précision imbattable le flux des capsules. “Les aspects liés au contrôle-commande et à l’automatisation sont eux radicalement innovants. Les sujets tels que l’automatisation, la décision et la reconnaissance de l’environnement, les capteurs, la connectivité, la supervision, la gestion dynamique des flottes, les interfaces hommes-systèmes et l’entretien des équipements spécifiques sont presque tous en rupture avec les systèmes existants.

Urbanloop, une aventure pour les étudiants ingénieurs de Nancy et pour l’Université de Lorraine

En 2018, les premiers étudiants imaginent sur le papier les capsules.

Nous avions eu l’occasion de les rencontrer lors de ce reportage en 2018
En 2019, le projet prenait de l’ampleur avec désormais quatre écoles d’ingénieurs de Nancy associées soutenues par l’Université de Lorraine. Urbanloop intéresse plusieurs acteurs. Il pourrait un jour prochain être un transport public individuel urbain dans plusieurs villes de taille moyenne. 2021 devrait être une phase importante pour développer le concept. Les concepteurs visent une première boucle transportant du public en 2024.

Paris, capitale européenne où le retour de la pollution de l’air a été le plus brutal

Paris, capitale européenne où le retour de la pollution de l’air a été le plus brutalUne étude montre que le niveau de dioxyde d’azote, gaz très toxique émis principalement par le trafic routier, a plus que doublé depuis le déconfinement.

Source : Paris, capitale européenne où le retour de la pollution de l’air a été le plus brutal

Covid et baisse des émissions de CO₂ : une nouvelle étude fait le point secteur par secteur

Avec la pandémie, de nouveaux modes de vie – on pense notamment à la diminution drastique de l’usage des voitures – sont apparus. La distanciation sociale imposée par le Covid-19 change notre façon de vivre et de travailler.

Le nombre de personnes à vélo ou marchant a ainsi connu une envolée inédite. Bogota, Berlin et Vancouver ont élargi leurs voies cyclables. À Paris, un vaste réseau de voies pour les vélos est également en cours d’élaboration.

Mais, une fois passée la crise, le système reviendra-t-il à la « normale » ? Et le devrait-il ?

C’est l’une des nombreuses questions qui émergent à l’heure où l’effet de la pandémie sur les émissions de carbone commence à se préciser.

Au-delà de la pandémie

Dans un article de recherche – publié ce mardi 19 mai 2020 dans la revue scientifique Nature Climate Change –, nous montrons comment le Covid-19 a affecté les émissions de CO2 dans six secteurs économiques (énergie, transport routier, industries, services publics et commerces, residentiel et aviation) à l’échelle mondiale.

Nous avons ainsi découvert que les niveaux d’activité restreints ont entraîné une baisse maximale de 17 % des émissions mondiales quotidiennes début avril, par rapport à 2019.

Ces données sont précieuses à un moment où nous considérons qu’un changement structurel profond est nécessaire pour orienter l’économie mondiale vers la neutralité carbone.

Prenons le cas de nos rues devenues soudain si calmes avec le confinement. La chute du trafic routier est l’un des principaux moteurs de la baisse des émissions mondiales durant la pandémie. Par conséquent, si nous encourageons le vélo et le télétravail au-delà de la pandémie actuelle, nos objectifs climatiques pourraient devenir plus facilement réalisables.

Émissions fossiles quotidiennes mondiales de CO₂, en millions de tonnes. Les lignes en pointillés représentent différents scénarios futurs d’émissions fonction de l’évolution de la pandémie et des niveaux de confinement. CC BY-NC-ND

Des données précises et variées

Chaque fin d’année, nous publions le « Global Carbon Budget », un rapport annuel de référence sur les tendances mondiales et régionales du cycle du carbone. Les circonstances inédites que nous traversons nous ont incités à effectuer une analyse préliminaire.

Cette analyse a consisté à estimer comment la pandémie a pu influencer les émissions quotidiennes de CO2 dans 69 pays – couvrant 97 % des émissions mondiales –, pour six secteurs économiques.

Il a fallu collecter, de façon très détaillée et variée, de nouvelles données à partir de diverses sources pendant la période de confinement. Nous avons, par exemple, examiné l’activité de transport routier et aérien à l’aide des données de trafic fournies par TomTom, de mobilité grâce à Apple Maps ainsi que des données relatives aux décollages d’avions dans les aéroports. Nous avons aussi eu recours à des données quotidiennes portant sur les changements de consommation d’électricité ou l’activité industrielle.

Nous avons ensuite construit un « indice de confinement » – de 0 (pas de confinement) à 3 (confinement le plus strict) – dans chaque pays afin d’extrapoler les données disponibles au niveau mondial.

Le pic pandémique

Début avril 2020, au plus fort de la crise, le recul de l’activité mondiale a entraîné une baisse de 17 % des émissions quotidiennes mondiales – soit 17 millions de tonnes par jour – par rapport à la moyenne quotidienne de 2019.

Au cours de cette période, les émissions quotidiennes totales auront été similaires à celles observées en 2006. Le fait que le monde émette autant, dans des conditions de confinement strict, qu’il y a 14 ans, dans des conditions normales, souligne la croissance rapide de nos émissions de CO2 ces dernières années.

Avec une part de 43 % dans la réduction globale, le trafic routier aura le plus contribué à la baisse des émissions. Parmi les autres contributeurs de poids, on trouve le secteur de la production d’énergie et celui de l’industrie (avec notamment la fabrication de produits et matériaux tels que le ciment et l’acier).

L’ensemble de ces trois secteurs est à l’origine de 86 % de la baisse des émissions journalières durant le confinement.

Ampleur de la baisse des émissions de CO₂ au niveau mondial et par secteur d’activité pendant le confinement. CC BY-NC-ND

Si le secteur de l’aviation a subi une chute quotidienne de son activité de l’ordre de 60 % au niveau mondial – la plus importante baisse de tous les secteurs que nous avons analysés –, sa contribution à la baisse globale des émissions a été relativement faible (10 %), ce secteur ne représentant que 3 % des émissions mondiales.

Comme la majorité des gens sont restés à la maison, nous avons logiquement constaté une légère augmentation (de l’ordre de 5 %) des émissions mondiales du secteur résidentiel.

En France, le confinement a entraîné une baisse des émissions quotidiennes de pointe estimée à 34 %, soit deux fois plus importante que la baisse mondiale de 17 %. Cette baisse provient principalement du secteur du transport routier.

Ampleur de la baisse des émissions de CO₂ pour la France et par secteur d’activité pendant le confinement. CC BY-NC-ND

Les perspectives pour 2020

Nous avons aussi évalué la façon dont la pandémie pourrait affecter les émissions de CO2 pour le reste de 2020 – sachant que cela dépendra de l’intensité et de la durée des restrictions dans les mois à venir.

Si le confinement mondial généralisé se termine vers la mi-juin, nous estimons que les émissions globales de carbone en 2020 chuteront d’environ 4 % par rapport à 2019. Si certaines restrictions restent néanmoins en place pour le reste de l’année, la réduction serait d’environ 7 %. La gamme complète des baisses d’émissions est de 2 % à 13 %, si l’on considère les différents scénarios de pandémie et les incertitudes relatives aux données.

Plaçons ces chiffres dans le contexte du changement climatique. Selon l’Accord de Paris sur le climat et le « Gap Report » des Nations unies, les émissions mondiales doivent chuter de 3 et 7 % par an d’ici à 2030 pour limiter respectivement le changement climatique en dessous de 2 °C et de 1,5 °C. Avec la baisse des émissions prévue cette année suite au confinement, nous pourrions de fait atteindre cet objectif en 2020.

À la croisée des chemins

Stabiliser le système climatique nécessitera des modifications de nos systèmes énergétiques et économiques d’une ampleur extraordinaire – comparable à la perturbation provoquée par Covid-19. Mais comment faire pour que la baisse des émissions en 2020 impulse ces changements nécessaires et durables ?

L’expérience des crises économiques mondiales précédentes indique que, sauf actions concertées, les émissions finiront par rebondir et revenir à peu près aux niveaux d’avant crise.

Mais ce n’est pas une fatalité : le choc du confinement nous offre une occasion de changer les structures qui sous-tendent nos systèmes énergétiques et économiques. Un tel choc pourrait nous engager sur la voie de la décarbonisation de l’économie mondiale.

Évoquons à nouveau toutes ces personnes qui se sont mises récemment à la marche et/ou au vélo. Les gouvernements ne devraient-ils pas se saisir de l’occasion pour encourager et soutenir ces moyens de transport à faibles émissions et les rendre permanents ? Et si nous accélérions aussi le déploiement des voitures, vélos et trottinettes électriques pour élargir les options de mobilité tout en réduisant la pollution des milieux urbains ?

On peut aujourd’hui se féliciter que de nombreux responsables politiques souhaitent prendre une telle direction. La région Ile-de-France s’est par exemple engagée à investir 300 millions d’euros dans un réseau de « RER vélo » de 650 km reliant Paris à sa périphérie.

La crise a ouvert la voie à de multiples autres changements, permettant d’évaluer quels déplacements étaient essentiels et comment la communication à distance pouvait offrir une alternative efficace.

Si la réduction forcée de la consommation de produits et d’énergie pendant le confinement n’offre pas d’incitation directe pour réduire les émissions de gaz à effet de serre à long terme, des modes de production et consommation à plus faible demande énergétique peuvent être atteints, conduisant à un développement plus respectueux de l’environnement tout en préservant le bien-être individuel et l’activité économique.

Nous pouvons revenir rapidement à la « normale », avec des émissions de gaz à effet de serre qui continueront de suivre leur trajectoire. Mais si nous optons pour le changement, 2020 pourrait bien être le coup de pouce inattendu qui renverse à jamais la tendance mondiale des émissions.

Source : Covid et baisse des émissions de CO₂ : une nouvelle étude fait le point secteur par secteur

Grâce au machine learning, des chercheurs arrivent à prédire instantanément la résistance des matériaux

Des chercheurs ont développé une nouvelle méthode pour prédire le processus de rupture d’un matériau à l’aide de techniques de machine learning. L’objectif est notamment de pouvoir facilement connaître sa résistance aux chocs. Cette information est souvent indispensable pour les grands projets d’ingénierie. Les travaux ont été publiés le 20 mai 2020 dans la revue Matter. Cette recherche a été financée par l’US Office of Naval Research et l’Army Research Laboratory.

Un processus fastidieux

Pour prédire la façon dont un matériau se brise, les scientifiques utilisent la dynamique moléculaire, une technique de simulation numérique permettant de modéliser l’évolution d’un système de particules au cours du temps. En pratique, cette méthode consiste à simuler le mouvement d’un ensemble de quelques dizaines à quelques milliers de particules dans un certain environnement (température, pression…). Mais ce processus est très lent car il nécessite de résoudre des équations du mouvement pour chaque atome. Raison pour laquelle l’équipe de scientifiques a décidé d’explorer des moyens de rationaliser ce processus en utilisant un modèle d’apprentissage automatique.

En quelque sorte, nous faisons un détour“, schématise Markus J. Buehler, un des auteurs de la publication. “Nous nous sommes demandés ce qui se passerait si nous observions simplement comment la facture d’un matériau choisi se produit en laissant les ordinateurs apprendre eux-mêmes ?“, poursuit-il. Pour se faire, le système d’apprentissage automatique a besoin d’une variété d’exemples pour apprendre les corrélations existantes entre les caractéristiques d’un matériau et son comportement dans une situation donnée.

Une nouvelle façon de simuler la défaillance des matériaux

Dans l’étude, les scientifiques examinent une variété de revêtements composites et stratifiés faits de matériaux cristallins. “Nous simulons, atome par atome, la façon dont les matériaux se brisent et nous enregistrons ces informations”, raconte Markus J. Buehler. Ils ont généré des centaines de simulations de ce type avec une grande variété de structures et ont soumis chacune d’entre elles à de nombreuses simulations de différentes fractures. Ils ont ensuite introduit l’ensemble de ces données dans leur modèle d’apprentissage automatique pour voir s’il pouvait prédire les performances d’un nouveau matériau qui ne faisait pas partie du groupe de données initial .”La simulation informatique par IA peut faire ce qui prend normalement beaucoup de temps en utilisant la dynamique moléculaire…C’est donc une toute nouvelle façon de simuler la défaillance des matériaux“, se réjouit Markus J. Buehler.

Une simulation modélisant la propagation d’une fissure

Le temps habituellement nécessaire pour faire une simulation est considérablement réduit. Yu-Chuan Hsu, un des auteurs de l’étude, explique que “pour des simulations uniques en dynamique moléculaire, il faut plusieurs heures pour exécuter les simulations. Grâce à l’IA, il ne faut plus que 10 millisecondes pour parcourir toutes les prédictions des modèles et montrer comment une fissure se forme par étape”.

Applicable à la fracture osseuse

Ce système pourrait être utilisé pour développer des revêtements protecteurs ou des matériaux structuraux plus solides, par exemple pour protéger les avions ou les véhicules spatiaux des impacts. Les défaillances de matériaux telles que les fractures sont “l’une des principales causes de pertes dans l’industrie. Pour inspecter des avions, des trains, des voitures, des routes (…) ou pour comprendre la fracture de tissus biologiques tels que les os, la capacité de simuler la fracture avec l’IA est un vrai changement”, note Markus J.Buelher.

Source : usine-digitale.fr

Le développement de la télémédecine pourrait avoir un impact insoupçonné sur les déplacements en Île-de-France

Chaque jour, deux millions de déplacements sont liés à des motifs de santé en Île-de-France. Alors que les téléconsultations ont explosé pendant le confinement, la massification de cette pratique en période post-crise pourrait entraîner une baisse de 300 000 à 500 000 déplacements quotidiens, majoritairement en voiture, dans la région.

Source : Le développement de la télémédecine pourrait avoir un impact insoupçonné sur les déplacements en Île-de-France

Lifting à 70 millions d’euros pour le Tramway du Mont-Blanc

Le plus haut train à crémaillère de France va changer de visage. Quelques jours après avoir renouvelé pour quinze ans la concession de service public du Tramway du Mont-Blanc (TMB) à la Compagnie du Mont-Blanc (associée à la Caisse des dépôts et consignations), le Département de la Haute-Savoie propriétaire du TMB a dévoilé le projet de rénovation retenu.“Cent-dix ans après le début de l’exploitation touristique de ce train mythique, le Département porte l’ambition de donner un nouveau souffle au TMB, afin de lui rendre tout son lustre et toute son attractivité”, assure dans un communiqué Christian Monteil, le président du l’assemblée départemental.

“L’idée est de créer un vrai produit touristique” – Mathieu Dechavanne, PDG de la Compagnie du Mont-Blanc

ECOUTEZ le PDG de la Compagnie du Mont-Blanc, Mathieu Dechavanne.

Parmi les grands travaux à venir : la rénovation de toutes les gares (Le Fayet, Saint-Gervais…) et la construction d’une nouvelle gare d’arrivée au Nid d’Aigle à 2 400 mètres d’altitude (voir ci-dessous). Le remplacement des trois trains mythiques est également prévu. “Ces motrices ont fait leur temps”, reconnait Mathieu Dechavanne. “Nous allons investir dans trois nouvelles machines avec un confort et une régularité accrus”, poursuit le PDG de la Compagnie du Mont-Blanc. “C’est l’outil dont nous avions besoin.”  

Mathieu Dechavanne, PDG de la Compagnie du Mont-Blanc, et Christian Monteil, président du conseil départemental de la Haute-Savoie, lors de la présentation des travaux du Tramway du Mont-Blanc.
Mathieu Dechavanne, PDG de la Compagnie du Mont-Blanc, et Christian Monteil, président du conseil départemental de la Haute-Savoie, lors de la présentation des travaux du Tramway du Mont-Blanc. © Radio France – Richard Vivion

Une nouvelle gare d’arrivée au Nid d’Aigle

En gare du Nid d’Aigle, un bâtiment de 450 mètres carrés, avec une architecture unique et exemplaire en montagne sera construit. La fin des travaux du TMB est prévue en 2026. Ce nouveau bâtiment comprendra :

  • Un espace immersif «Objectif Mont Blanc», une durée de la visite de plus ou moins 30 minutes
  • Un espace information et sensibilisation à la voie normale du mont Blanc
  • Une boutique thématisée et spécialisée dans les produits dérivés du centre d’interprétation et de la montagne
  • Un espace de restauration (sur place et à emporter) complémentaire à celui du refuge (produits frais), disposant d’une terrasse extérieure
  • Un espace intégrant toilettes et repos.

Le département de la Haute-Savoie indique que la nouvelle gare du Nid d’Aigle sera un bâtiment à Haute Qualité Environnemental. Les travaux sur le site sommital au Nid d’Aigle sont prévus en cinq séquences estivales de 2022 à 2026.

Déficitaire mais emblématique

Aujourd’hui avec 140 000 passagers par an, l’exploitation du Tramway du Mont-Blanc est déficitaire. Chaque année, le Département subventionne à hauteur de 700 000 euros l’exploitant du TMB. Avec ces travaux dont le montant prévisionnel approche les 70 millions d’euros, Christian Monteil et Mathieu Dechavanne veulent “développer un projet touristique ambitieux et d’avenir, afin de faire découvrir, d’animer ce site exceptionnel et de faire toucher du doigt aux visiteurs, une expérience de haute montagne, dans un esprit de tourisme d’excursion doux et respectueux de l’environnement”. Investir dans ces travaux est “un choix politique” assure le président du département.”

“Le TMB est l’une des cartes de visite de la Haute-Savoie.” – Christian Monteil, président du conseil départemental de Haute-Savoie

Source : Lifting à 70 millions d’euros pour le Tramway du Mont-Blanc

Le vélo sera au cœur de la mobilité post-confinement

22 avril 2020

Dominique Riou est chargé d’études au département Mobilité Transport de L’Institut Paris Region depuis 1999. Il est ingénieur en génie civil et urbanisme, diplômé de l’Institut national des sciences appliquées (Insa Lyon) et titulaire d’un master en urbanisme (Université Lyon II). Spécialiste de l’ensemble des problématiques urbanisme-transport, il a été en charge de la rédaction du chapitre « transport » du schéma directeur de la région Île-de-France et a pris part à la révision du plan de déplacements urbains d’Île-de-France. Il anime enfin le club mobilité de la Fnau, le réseau national des agences d’urbanisme.

Comment voyez-vous le déconfinement en matière de transports urbains ?

Pour des raisons techniques de reprise du service, mais surtout principalement sanitaires, en raison du respect des règles de distanciation, les transports collectifs ne pourront reprendre pleinement leur rôle dans l’immédiat. La mobilité de déconfinement devrait donc être largement individuelle, c’est-à-dire à pied, à vélo, en deux-roues motorisés ou en voiture.Or, d’ordinaire, ce sont 9,4 millions de déplacements qui sont faits en transports en commun chaque jour en Île-de-France (sur 43 millions de déplacements quotidiens)1, principalement vers et dans le cœur de l’agglomération. Le retour à une mobilité normale va donc se jouer fortement sur la voirie, avec un surcroît de demandes.L’enjeu majeur est qu’il n’y ait pas de perdant, et que le système de transport redémarre au mieux sans laissés-pour-compte. Ce n’est pas évident car de nombreux usagers se partageaient déjà la voirie avant la crise : 17,2 millions de piétons, 130 000 usagers à trottinette, 180 000 en taxis et VTC, 420 000 en deux-roues motorisés, 840 000 à vélo, 3,9 millions de voyageurs en bus et 14,8 millions d’automobilistes.

Faut-il craindre le grand retour de la voiture comme mode de déplacement « protégé » ?

Effectivement, c’est un risque évident. Les rues sont devenues vides de véhicules, ou quasiment, et leurs larges chaussées dimensionnées pour les flots automobiles paraissent démesurées. Dès que les contraintes de circulation seront levées, sans régulation, il est possible qu’elles se remplissent de nouveau rapidement, sauf si le télétravail continue à être pratiqué massivement et durablement. Le scénario d’un retour massif à l’usage de la voiture, notamment de la part d’ex-usagers des transports en commun, risquerait de conduire rapidement à la saturation du réseau et à une dégradation de la qualité de l’air, ce qui n’est absolument pas souhaitable au regard des impacts sur les fonctions respiratoires des personnes malades ou à risque.
Ensuite, ce seul mode de transport, y compris les deux-roues motorisés, est loin de pouvoir répondre au besoin en déplacements de tous. Les gens auront aussi besoin de se déplacer à pied, à vélo, en trottinette. Et dans la configuration actuelle de nos rues, cela va être difficile : les espaces dévolus aux « modes actifs », trottoir et aménagements cyclables, sont presque tous insuffisants s’il faut répondre à une demande plus forte en volume qu’à l’accoutumée, d’autant qu’il restera important de respecter les mesures de distanciation sociale.
Il y a donc un enjeu de rééquilibrage de l’espace public de voirie entre chaussée, aménagements cyclables et trottoir pour que les « modes actifs » puissent, dès les premières périodes de déconfinement, prendre une place importante, voire majeure, dans le retour à la mobilité.

Est-ce une nouvelle opportunité pour le vélo et les grands projets en cours ?

Très clairement, le vélo se présente comme la solution en milieu urbain pouvant aider notre système de transport à répondre globalement au nouveau contexte post-Covid. C’est un mode de transport qui a, à plusieurs reprises, montré sa performance et sa pertinence pour gérer d’importantes demandes de déplacement lors de perturbation des transports collectifs, notamment lors des périodes récentes de grèves.
Le développement du vélo répond également à une demande sociale de plus en plus importante, avec à la clé, des enjeux de santé et environnementaux importants. Sa progression dans la mobilité urbaine des grandes villes est indéniable malgré, parfois, des contextes restant peu favorables. À ce titre, les politiques proactives en faveur du vélo sont souvent récompensées, à partir du moment où elles sont cohérentes dans l’espace et dans le temps, par une augmentation conséquente de l’usage. On compte ainsi quotidiennement en Île-de-France 840 000 déplacements à vélo, soit 30 % en plus depuis 2010, et l’indicateur de trafic vélo de la ville de Paris a triplé en vingt ans. Rappelons que les deux tiers des déplacements des Franciliens font moins de 3 km, et que le vélo a un potentiel fort en Île-de-France pour répondre à ces nombreux déplacements courts.
Alors que dans un premier temps le réseau ferroviaire francilien (train et métro) ne sera pas en mesure de retrouver sa pleine capacité, le vélo apparaît comme le mode individuel permettant une utilisation plus rationnelle et compacte du réseau de voirie. Si une voie urbaine a une capacité de l’ordre de 800 voitures par heure, une piste cyclable de même dimension (3,5 – 4 m) va pouvoir accueillir quatre à cinq fois plus de vélos. Booster le vélo en sortie de confinement apparaît donc comme une des solutions pragmatiques pour que le système de transport collectif se remette en route sans se gripper, laissant au final davantage de place pour le piéton dans une ville restant peu polluée et apaisée.

Qu’appelle-t-on « l’urbanisme tactique » et en quoi peut-il apporter une solution aux questions de transports en temps d’épidémie ?

Concrètement, en sortie de confinement, il s’agit de profiter d’une voirie encore très peu chargée de voitures, pour rapidement donner plus de place aux piétons et aux cyclistes en utilisant des outils simples, peu coûteux et faciles à mettre en œuvre : modification de la réglementation (sens interdit, sens unique, limitation de vitesse) et aménagements à l’aide du matériel réglementaire de signalisation de chantier (bornes, balises, peinture orange). Car une fois que l’on dit qu’il faut donner de la place au vélo, rien n’est encore fait ! Et pourtant, il faut aller vite et bien. Bref, il faut être tactique, efficace et pragmatique, en utilisant un mode de mise en œuvre provisoire et réadaptable si nécessaire. Ces techniques sont déjà utilisées dans les aménagements de voirie, sur des aménagements novateurs, lorsque les références techniques manquent.

Il semble que des villes se soient d’ores et déjà engagées dans cette voie, pouvez-vous nous en dire plus ?

Plusieurs villes et métropoles ont d’ores et déjà mis en place des aménagements provisoires en faveur des cyclistes et des piétons. Face à des chaussées vides, circulées parfois à de trop grandes vitesses par quelques véhicules, et des trottoirs et des pistes cyclables sur lesquels il devient difficile de se croiser en respectant la distanciation, Berlin, Bogota, Oakland, Budapest, Calgary ont opté pour la mise en œuvre d’aménagements provisoires élargissant trottoir et pistes cyclables au détriment de voies de circulation voiture sous-utilisées, voire en fermant complètement certaines rues aux automobiles.
Des villes françaises y réfléchissent2 et plusieurs collectivités, comme Montpellier, Grenoble, Paris, Rennes, Lyon, Nantes, et, en Île-de-France, Montreuil et le département de Seine-Saint-Denis, ont annoncé leur intention de mettre en place des pistes cyclables temporaires.

En décembre dernier, avant la crise du Covid, le Collectif Vélo IdF a proposé un vaste projet d’aménagements cyclables, le RER V, auquel la Région vient d’apporter son soutien. En quoi consiste ce projet ?

Il est plus que jamais d’actualité. Il s’agit d’un réseau cyclable à haut niveau de service et à grande capacité, construit sur le modèle des transports en commun avec neuf lignes cyclables interconnectées reliant les grands pôles régionaux. Cette proposition a d’ailleurs été immédiatement saisie par la Région Île-de-France, et sa présidente Valérie Pécresse, qui vient d’annoncer une participation massive (300 millions d’euros) à son financement.
Les services de la Région, appuyés par L’Institut Paris Region, ont travaillé depuis janvier pour analyser la proposition du collectif et préparer un nouveau dispositif de financement à l’intention des collectivités maître d’ouvrage pour la mise en œuvre de ce RER V. Ces dernières ont toutes été consultées pour affiner les tracés et les priorités.
Une mise en œuvre très rapide des lignes du RER V, de façon provisoire et même partielle, est essentielle pour inscrire fortement et durablement, alors que la circulation est encore faible, le vélo dans le paysage de la voirie urbaine d’Île-de-France à l’instar de ce qui existe dans d’autres grandes villes métropoles européennes comme Berlin, Londres ou Copenhague.
Cette sortie de confinement représente même une opportunité historique, un changement de paradigme, pour faire en quelques mois ce qui, en temps normal, aurait pris des années ou n’aurait jamais peut-être pu être envisagé. Si la fréquentation de ces pistes cyclables provisoires est au rendez-vous, elles pourront alors être pérennisées.

1. D’après l’EGT H2020.
2. Le Cerema a mis en ligne, le 14 avril dernier, une note technique « Aménagements cyclables temporaires et confinement : quelles opportunités ? ».

Source : Le vélo sera au cœur de la mobilité post-confinement

Voir aussi : S’inspirer de l’urbanisme tactique pour adapter les villes à la distanciation sociale

CovidRadius : le calculateur de périmètre à succès “Made in Fontaine”

C’est l’un des calculateurs de périmètre de sortie les plus utilisés de France. CovidRadius a été créé dès le début du confinement par trois amis de Fontaine. Pratique et doté d’une fonctionnalité d’alerte, leur outil est rapidement devenu viral.

L'application vue sur un smartphone

Le projet est né au tout début du confinement, lorsque furent édictées les règles nationales fixant les limites des sorties autorisées pour se détendre. Pour rappel : une fois par jour, pendant une heure, et dans la limite d’un kilomètre autour de son domicile. Pas toujours facile d’estimer ce que cela représente, quand on ne s’est jamais posé la question !

Loïc, 24 ans, ingénieur réseau résidant à Fontaine, se dit alors qu’un petit outil aidant à délimiter ce périmètre pourrait être bien utile. Ni une, ni deux, il en parle à son ami Maxime, 25 ans, lui aussi habitant de Fontaine et ingénieur web indépendant. Qui commence aussitôt à développer un site en ligne, appelé « CovidRadius ». Un mot-valise composé de « Covid » – on comprend pourquoi – et de « Radius », qui signifie « rayon » en latin.

Un site développé en deux jours

En deux jours, le site est prêt et c’est le troisième acolyte, Rémi, 24 ans, salarié d’une grande surface de bricolage, qui en assurera la promotion dès sa mise en ligne le 26 mars. Avec un succès foudroyant : rapidement, des médias nationaux comme Libération, le Parisien ou Konbini reprennent l’information. Car l’outil est plus que pratique. Utilisable sur smartphone et sur ordinateur, sa simplicité en fait une application très simple à utiliser : il suffit de se géolocaliser ou de rentrer son adresse, pour voir apparaitre le périmètre autorisé, d’un rayon d’un kilomètre autour de sa localisation. Le bon périmètre, car le périmètre indiqué est bien celui qui épouse les rues et les zones fréquentables à pied, et non un cercle parfait, tracé à vol d’oiseau.

Vous dépassez le périmètre ? Le site fait vibrer votre téléphone

Mieux, si vous passez la limite lors de votre sortie, le téléphone se met à vibrer. Enfin, et c’est tout nouveau, « dès que vous actionnez l’appli, un compte à rebours d’une heure se met en route. La première demi-heure, il est vert. Puis jaune. Quand il vous reste un quart d’heure, il se met au rouge. C’est qu’il est temps de rentrer ».

CovidRadius.info est aujourd’hui l’un des sites de calcul de périmètre le plus utilisé de l’Hexagone, affichant entre 20 000 et 120 000 connexions par jour. Et les trois amis, qui n’ont pas touché un sou avec cette opération, ont bien envie d’aller plus loin. Une appli dédiée pour les smartphones est dans les tuyaux. Toujours « Made in Fontaine ».

Source : CovidRadius : le calculateur de périmètre à succès “Made in Fontaine”

La crainte du retour au tout-automobile

Comment convaincre les usagers de ne pas bouder les transports publics lorsque l’heure du déconfinement aura sonné et alors que l’on a maintes fois entendu que les transports en commun représentent un lieu où le risque de contamination par le Covid-19 est fort ?

Depuis le début du confinement, les transports collectifs ont vu globalement leur fréquentation baisser de plus de 80 %. Dans le même temps, la part des déplacements courts a augmenté de 5,5 points, indique une étude réalisée par Kisio (une filiale de Keolis) et le cabinet Roland Berger. « On constate une hausse des déplacements de moins d’1,5 km. Sans doute l’effet des courses », souligne David O’Neill, le directeur exécutif études et conseils de Kision. « Le confinement a eu tendance à lisser les déplacements de la semaine et pendant la journée. Il y a moins de différences entre les jours de la semaine et du week-end », ajoute-t-il.

Un impact fort sur la mobilité à l’avenir

Les quartiers résidentiels et les zones hospitalières sont devenus les lieux les plus fréquentés de la ville, au détriment des zones de loisirs, des gares, des stations de métro et des rues commerçantes.

Et on assiste à un recours accru à la voiture individuelle. D’où la crainte d’aller vers le « tout-voiture » au sortir de la crise. « C’est ce qu’on voit en Chine où il y a des embouteillages monstres car les gens n’utilisent plus les transports publics », souligne David O’Neill.

Selon les auteurs de l’étude, « il y a un enjeu de repositionnement extrêmement important pour les transports publics. D’autant que la voiture ne peut pas être une solution pour tous ». Ceux qui ont choisi de se déplacer à vélo pendant cette crise pourraient continuer à le faire dans la durée. D’autres pourraient recourir plus largement au télétravail. De leur côté, des entreprises pourraient revoir toute leur politique de déplacements de leurs salariés… Quant aux salariés qui sont partis à la campagne pour télétravailler seront-ils incités à changer leur mode de vie ?

Un coût pour les transports publics pouvant aller d’1,8 à 2,6 milliards d’euros

Cette crise pourrait avoir un impact très fort sur la mobilité à l’avenir. « La question de l’attractivité des transports publics urbains et des transports longue distance nous inquiète. Combien de temps cela va-t-il durer ? Toutes ces questions de sortie de crise sont très importantes pour demain », commente Didier Bréchemier du cabinet Roland Berger.

En fonction de la durée du déconfinement, la part de recettes pour les transports publics pourrait aller de 1,8 milliard d’euros (avec un déconfinement progressif avant l’été et reprise normale à la rentrée) à 2,6 milliards d’euros (avec un déconfinement plus long), estime l’étude.

Les transports étant essentiels à l’activité économique, ces experts appellent à ne pas les oublier au moment de la reprise. Et rappellent trois enjeux essentiels à leurs yeux. D’une part, il faudra réussir à rassurer le public sur la question de la sécurité sanitaire dans les transports publics grâce à un ensemble de mesures préventives comme la désinfection, la distanciation sociale, peut-être le port de masques…

D’autre part, les opérateurs devront être capables de repositionner les capacités de transport sur les « trajets pertinents ». « En Asie par exemple, on voit que la capacité d’emport des transports est limitée à 50 % pour permettre de respecter la distanciation sociale », rappelle Didier Bréchemier.

Enfin, estiment les auteurs de l’étude, les autorités organisatrices devront continuer à donner la priorité aux transports publics, en apportant leur soutien économique aux opérateurs pour qu’ils puissent redémarrer au plus vite.

Pour voir l’étude : ici.

Source : La crainte du retour au tout-automobile – Ville, Rail et Transports

Un train autonome Stadler en essais aux Pays-Bas

En février, un groupe de 50 invités de marque a été autorisé à monter à bord d’un train d’essais à conduite autonome dans la région de Groningue, dans le nord des Pays-Bas. C’était la première fois que des voyageurs étaient autorisés à circuler dans cet autorail diesel-électrique Stadler GTW utilisé dans le cadre de ces essais menés par le constructeur suisse en coopération avec le gestionnaire d’infrastructure néerlandais ProRail, la province de Groningue et l’exploitant Arriva.

Le niveau d’automatisation ici mis en œuvre est le GoA2 (pour Grade of Automation 2) : le train peut accélérer et freiner automatiquement, en fonction des informations données par les équipements au sol, mais sous la supervision d’un conducteur. En particulier, ce dispositif permet en principe de réaliser des arrêts en gare avec précision tout en optimisant la conduite, d’où un confort accru et des économies d’énergie.

C’est pour vérifier ces points que commence maintenant la phase 2 des essais de conduite autonome GoA2 sur le réseau néerlandais, avec cette fois des voyageurs à bord du train. Ce programme d’essais a débuté en octobre dernier.

Source : Un train autonome Stadler en essais aux Pays-Bas – Ville, Rail et Transports